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De la relativité de la souffrance au travail …

souffrance au travail

Parenthèse sur le Burn Out

Les symptômes du Burn Out (tel que largement répandu dans un langage devenu commun) sont :
– Rythme de travail accru
– Travail à domicile pour rattraper du « retard »
– Un stress récurrent ou permanent
– Fatigue chronique
– Déshumanisation et perte d’empathie
– Perte de mémoire
– Epuisement physique
– Sentiment d’échec personnel et peur de ne pas « être à la hauteur »
– Dégradation de l’estime de soi 

Le symptôme sur lequel le coach peut intervenir d’évidence le plus aisément et le plus rapidement, c’est l’estime de soi.

Les mécanismes précis qui conduisent au Burn Out sont mal connus. A observer ou entendre différentes descriptions et certains cas, on peut se demander si la dégradation de l’estime est seulement un symptôme.
Cette dégradation ne serait elle pas un agent déclencheur ou d’accentuation du Burn Out ?
De plus, la dégradation de l’estime de soi est souvent la conséquence d’humiliations, volontaires ou inconscientes, voire par le harcèlement provenant de l’écologie d’un individu.
Un coach professionnel ayant à cœur de veiller à cette estime, agit donc d’une manière essentielle à la prévention du Burn Out de son client.

Le « Burn Out » ou « Syndrome d’épuisement au travail » est galvaudé.

Heureusement plus rares sont les vrais cas que ceux revendiqués comme tels. En effet, les psychiatres considèrent qu’on ne revient pas d’un Burn Out à son état psychique d’origine.
La fracture est telle, qu’irréparable dans l’état actuel des connaissances et de la pharmacologie. Sous le vocable anglo-saxon on exprime en réalité plus souvent de la souffrance au travail. Celle-ci est relative.

Telle que nous en parlons dans notre société occidentale moderne, ne ferait-elle pas sourire les mineurs du 19ème siècle, les calfateurs du 18ème, les agriculteurs d’avant guerre ou constructeurs de building du début du 20 ème ?

Qu’est-ce que la souffrance actuelle en regard de celle de nos anciens ?

Sans remonter dans le temps la souffrance au travail d’un cadre dans le domaine tertiaire au cœur du quartier de la Défense a-t-elle une commune mesure avec celle des mineurs et porteurs de souffre du Kawah Ijen sur l’île de Java ?

Ces derniers, encore aujourd’hui, mettent en permanence leur vie en danger. Pour un piètre « salaire » ils s’exposent aux gaz souffrés toxiques et aux antres du volcan.
Sans autre protection que les guenilles qu’ils portent et dont ils recouvrent, lors des pires situations, leurs voies respiratoires, ils se confrontent aux dangers des pentes auxquelles ils s’accrochent.
Chargés de paniers remplis de quelques 80 kgs du minerai récoltés, qu’ils transportent sur des kilomètres jusqu’à l’usine de transformation.

Outre l’affrontement physique, ces hommes dont l’espérance de vie est en moyenne de 40 ans, ont en permanence l’inquiétude du lendemain pour eux-même et les familles qui dépendent intégralement de leur activité. Mineurs ou porteurs, de génération en génération la perspective d’avenir n’est même pas conceptualisée.

L’exemple démontre, je crois, la relativité de la souffrance et celle des maux.

L’humilité a longtemps été une valeur occidentale. Celle-ci interdisait probablement aux hommes de se plaindre de leur condition.

« L’amour de soi, sans être toujours coupable, est la source de tout mal » écrivait Kant.

L’individu et son égo sont ensuite devenus une valeur essentielle de nos sociétés. Si au 17ème, Blaise Pascal pouvait se permettre d’écrire « le moi est haïssable » ce n’est pas par seule ironie que Paul Valéry, très judicieusement, la compléta par :
« … Mais il s’agit de celui des autres ».

Cette évolution philosophique explique-t-elle en partie l’émergence de ce qu’il convient d’appeler la souffrance au travail, ou risques psycho-sociaux ? Possiblement oui !
La brutalité, l’avidité, de la société, exacerbées par la vitesse des communications et les médias, y sont aussi pour une grande part.

Pas de débat : le mal existe. Le phénomène est devenu aussi incontestable que douloureux et malheureusement croissant. Au delà, tout est question de nuance.
Peut être appelle-t-on Burn Out ce qui est un type d’une grave dépression. Peut être sous estime-t-on certains phénomènes d’abattement, de prostration, ou de mélancolie. Les pathologies liées à la souffrance au travail existent et il convient d’y prendre garde.

Relativement récemment reconnu, peu d’études existent sur l’évolution du phénomène de Burn Out. Néanmoins l’Institut de Veille Sanitaire est attentif au problème et dans sa parution de juin 2015 il révèle le résultat d’une étude portant sur l’évolution « des taux de prévalence de la souffrance psychique liée au travail » parmi les salariés vus en visite médicale de 2007 à 2012. 

L’évolution du phénomène mérite que l’on y porte la meilleure attention et que tous les acteurs (dont les coaches professionnels) en contact avec des victimes potentielles de ce mal y prennent garde.